Trente ans après les violentes crises qui avaient conduit à la fermeture de mosquées sunnites en 1995, la grande mosquée du Mouvement sunnite du Burkina Faso replonge dans une nouvelle zone de turbulences.
Par un arrêté publié le 28 mai 2026, le gouverneur de la région du Kadiogo a ordonné la fermeture de la grande mosquée du Mouvement sunnite de Ouagadougou, située à la ZACA, pour risques de troubles à l’ordre public.
Une décision qui rappelle un précédent historique. En effet, ce n’est pas la première fois qu’une mosquée sunnite est fermée par les autorités.
Déjà en 1995, à la suite des affrontements meurtriers entre factions rivales du mouvement, le ministère de l’Administration territoriale avait suspendu les activités de plusieurs associations sunnites et fermé certaines mosquées pour préserver l’ordre public.
À l’époque, les tensions étaient nées d’une crise de leadership opposant les partisans d’El Hadj Idrissa Semdé à ceux de l’imam Quédraogo Sayouba autour du renouvellement du bureau du Mouvement sunnite du Burkina Faso, indique la publication du 11 janvier 1996 de doyen des quotidiens burkinabè.
Les violences avaient enregistré une fusillade à la mosquée de la Zone I, faisant deux morts et plusieurs blessés.
Les mosquées ont rouvert leurs portes en 1996, soit une année plutard, après que les protagonnistes ont fumé le calumet de la paix.
Plus de trois décennies plus tard, le contexte diffère. La fermeture de la grande mosquée de la ZACA intervient après des manifestations organisées le jour d’Arafat. Des fidèles avaient marché de la mosquée jusqu’au palais de justice Ouaga I pour réclamer la libération de leur guide, le Dr Mohamed Ishaq Kindo, interpellé le même jour.
Entre 1995 et 2026, deux fermetures de mosquées sunnites auront ainsi marqué l’histoire récente du mouvement.
Solomane NIKIEMA/ Tiiga info




