Face à l’évolution des prêt-à-porter, nous sommes allés à la rencontre de quelques ateliers de couture à Ouagadougou, ce vendredi 12 septembre 2025, pour en savoir davantage sur l’avenir de ce métier. Selon les couturiers rencontrés, la couture continue bel et bien de nourrir son homme.
Ana DIPAMA, couturière, plie une robe pour la repasser. Nous sommes au quartier Boulmiougou dans son atelier Wendy création, spécialisé dans la confection de vêtements pour hommes, femmes et enfants. Ici, ça coupe, par-là, ça monte les pagnes coupés. Les morceaux de pagnes forment un arc-en-ciel au sol au cœur d’un vrombissement de machines à coudre.

Vêtue d’une robe en Luili pendé mélangé au Koko douna, la promotrice de Wendy création, Anna DIPAMA, exerce le métier de la couture depuis 2002. Pour elle, la couture est plus qu’un métier. » Aujourd’hui, j’ai une cour grâce à ce métier. Mes enfants sont soignés et nourris convenablement grâce à mon mari et moi. J’ai fait 20 jours en Côte d’Ivoire et à mon retour, mes filles m’ont donné 200.000FCFA. Imaginez si j’étais là », a-t-elle dit avec un sourire.

Face à l’évolution des prêt-à-porter, Anna Dipama reste sereine. » Il y a des tenues qu’il faut forcément coudre. Tout ne se trouve pas en boutique. J’ai des clientes depuis mon ouverture, jusqu’à maintenant, elles sont toujours là, donc je n’ai pas peur. », dit-elle.
Assise sur une machine, un tissu en main, Aminata DEMBELE, est apprentie il y a de cela trois ans. Elle fait partie de la dizaine de filles de Anna DIPAMA. Elle croit au métier de la couture comme sa patronne. » J’aime beaucoup la couture. Je crois en ce métier. Grâce à nous, les femmes, hommes et enfants s’habillent », martèle-t-elle.

Nous quittons Wendy création pour Yenyizom couture, situé à la Patte d’oie, un atelier spécialisé dans la couture pour homme. Le décor est similaire. Des morceaux de pagnes jonchent le sol. Des machines vrombissent. Des échanges entre collègues. » Fais vite, le client doit passer ce soir », lance le patron Abdoul Rahim ZONGO, un tissu en main.

Avec 10 ans d’expérience, Abdoul ZONGO rayonne de fierté. » je dois tout à la couture. Je me suis marié, j’ai construit et ma famille vie à l’aise grâce à la couture. », dit-il. Son atelier compte 10 employés.
Le domaine des prêt-à-porter, il en connaît, et ne craint rien. » vous savez, c’est nous qui fournissons ces boutiques aux abords de la chaussée. Ils ne peuvent pas tout à avoir. Moi je ne crains pas quand à l’avenir de mon métier. Nous n’allons pas disparaître « , insiste-t-il, le visage serein.

Nous quittons les lieux le laissant les yeux fixés sur le chas. « Je dois finir cette tenue rapidement le client va passer d’un moment à l’autre. Je ne veux pas lui donner un faux rendez-vous « , dit-il en esquissant un sourire, la tête baissée.
Solomane NIKIEMA (S.N) / Tiiga info




