Le niveau de la perception citoyenne de la corruption au Burkina Faso a connu une légère hausse en 2024, avec une augmentation de plus de deux points de pourcentage par rapport à 2023. C’est ce qui ressort du rapport 2024 du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC), rendu public ce lundi 22 décembre 2025.

Ce rapport est issu d’une enquête d’opinion menée auprès des populations sur la fréquence de la corruption et ses facteurs déterminants, ainsi que d’une analyse des actions de lutte contre le phénomène, aussi bien par les acteurs étatiques que non étatiques.
En 2024, 13,63 % des personnes interrogées estiment que la corruption est en hausse, contre 11,24 % en 2023. Dans cette dynamique, l’Indice synthétique de perception de la corruption (ISPC) est passé de 40 points en 2023 à 41 points en 2024.
Toutefois, la proportion des enquêtés considérant les pratiques de corruption comme fréquentes ou très fréquentes enregistre une légère baisse de 1,44 point, passant de 65,77 % en 2023 à 64,33 % en 2024, même si ce niveau reste supérieur à celui enregistré en 2016, année où l’indice était le plus bas.
Concernant les expériences vécues, 16,29 % des enquêtés affirment avoir offert au moins une rétribution illégale à un agent public en échange d’un service non soumis à paiement, soit une baisse significative de 9,81 points par rapport à 2023.
Par ailleurs, 12,31 % déclarent avoir été témoins directs d’actes de corruption dans les services publics, contre 16,2 % l’année précédente.
Selon l’Indice composite de mesure de la corruption dans les administrations publiques (ICMC-AP), le trio de tête des services les plus touchés demeure inchangé. Il est composé de la Police municipale (49,50 %), de la Douane (27,29 %) et de la Police nationale (25,76 %), contre respectivement 52,21 %, 37,17 % et 24,03 % en 2023.
Néanmoins, une légère baisse est observée au niveau de la Police municipale et de la Douane, traduisant des efforts d’amélioration engagés par ces services.
Le classement prend en compte la perception citoyenne, les expériences de corruption vécues par les usagers ainsi que les montants des rétributions illégales.
Selon le Secrétaire exécutif du REN-LAC, Pissyamba Ouédraogo, l’objectif de cette démarche n’est pas de stigmatiser les services concernés.
S.N/ Tiiga info




