Le Centre pour la gouvernance du secteur de la sécurité (DCAF) a lancé, ce 13 avril, un atelier régional consacré au leadership féminin au sein des Forces de défense et de sécurité (FDS). Prévue sur trois jours, la rencontre réunit 25 participantes issues des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Cet atelier vise à renforcer le leadership des femmes dans les FDS de la région sahélienne, en particulier dans les pays membres de l’AES. Il s’inscrit dans le cadre de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité, ainsi que dans la stratégie régionale de la DCAF. À travers cette initiative, l’organisation entend appuyer le renforcement des capacités, promouvoir un leadership féminin inclusif et favoriser la mise en place d’un réseau régional durable.

Pour les organisateurs, la question du leadership féminin dépasse les enjeux d’égalité. « Le leadership féminin au sein des FDS est une question d’efficacité opérationnelle. Des études le montrent et les expériences le confirment : les unités qui intègrent les femmes, les commandements qui favorisent l’égalité des chances sont plus légitimes aux yeux des populations, mieux à même de prévenir les violences basées sur le genre et plus efficaces dans leur mission de protection », a indiqué Valérie Petitpierre, représentante sahel du DCAF.

Les participantes échangent également sur les bonnes pratiques et les défis liés à l’intégration des femmes dans les dispositifs sécuritaires. Selon Sadou Sidibé, conseiller national du DCAF, le Burkina Faso jouit d’une réputation positive à l’international, notamment à travers la participation de ses forces dans les missions onusiennes.

Du côté du ministère de la Sécurité, les attentes sont fortes. Les conclusions de cet atelier seront examinées avec attention. « La menace terroriste cherche à déconstruire nos liens sociaux, notre solidarité d’action et notre cohésion sociale. Pour y faire face, nous avons besoin d’une réponse globale et inclusive. Cette réponse ne peut être portée uniquement par des hommes. Le leadership féminin apporte une approche holistique de la sécurité humaine, intégrant la dimension psychosociale, la protection des personnes vulnérables et une intelligence situationnelle que nous ne pouvons plus ignorer », a déclaré Fatoumata Bénon, conseillère technique du ministre de la Sécurité.
Créé en 2000, le Centre pour la gouvernance du secteur de la sécurité (DCAF) accompagne des partenaires nationaux et internationaux dans plus de 70 pays. L’organisation dispose d’un réseau de 14 bureaux permanents, notamment au Mali, au Niger et au Burkina Faso.
Solomane NIKIEMA et Hassim BARRY/ Tiiga info




