Le Tribunal de grande instance de Koupéla a rendu, le mardi 24 février 2026, son verdict dans l’affaire Ministère public contre MEDA Aniatisa Urbain et neuf autres, relative à des faits présumés de corruption impliquant des magistrats, des agents des Douanes et des avocats.
Les prévenus étaient poursuivis pour plusieurs infractions, notamment corruption d’agents publics, blanchiment de capitaux, acceptation indue de cadeaux, trafic d’influence, divulgation illégale de l’identité d’un témoin protégé, complicité de divulgation, violation du secret professionnel et soustraction de pièces de procédure.
Selon l’extrait du jugement publié par le ministère en charge de la Justice, après avoir rejeté les exceptions de procédure soulevées par la défense, le tribunal a examiné le fond du dossier et statué sur les charges retenues contre les mis en cause.
Le tribunal a prononcé plusieurs relaxes, estimant que certaines infractions n’étaient pas constituées ou que le doute devait profiter aux accusés. Ainsi, MEDA Aniatisa Urbain, KABORE Sandaogo Antoine, TRAORE Mohamed et SOME Alban Balanoe ont été relaxés des chefs d’acceptation indue de cadeaux et de blanchiment de capitaux. OUEDRAOGO Jean Jacques Wend-Panga et TRAORE Saidou ont été relaxés pour corruption et soustraction de pièces de procédure. Les poursuites pour trafic d’influence et abus de fonction ont été abandonnées contre KABORE Sandaogo Antoine et TRAORE Mohamed. SAMPEBRE Arnaud a été totalement blanchi des faits de complicité et de violation du secret professionnel, tandis que YAMEOGO Oumarou a été relaxé pour la détention illégale d’arme à feu et de munitions.
En revanche, le tribunal a retenu la culpabilité de plusieurs prévenus. MEDA Aniatisa Urbain, SOME Alban Balanoe, YAMEOGO Wendsongda Jonas, YAMEOGO Oumarou et NIKIEMA Zindi Désiré ont été reconnus coupables de corruption d’agents publics, pour des montants respectifs de 2 500 000 FCFA, 2 300 000 FCFA, 1 500 000 FCFA, 1 500 000 FCFA et 1 516 399 FCFA.
Les faits reprochés à KABORE Sandaogo Antoine et TRAORE Mohamed ont été requalifiés en complicité de corruption. SOME Alban Balanoe, en qualité d’auteur principal, et NIKIEMA Zindi Désiré, en qualité de complice, ont également été reconnus coupables de révélation illégale de l’identité d’un témoin protégé.
S’agissant des peines, MEDA Aniatisa Urbain et KABORE Sandaogo Antoine ont été condamnés chacun à quinze mois d’emprisonnement, dont deux mois ferme, assortis d’une amende de cinq millions de FCFA, dont trois millions ferme. TRAORE Mohamed a écopé de vingt-quatre mois de prison, dont douze mois ferme, et d’une amende de quatre millions de FCFA, dont deux millions ferme. YAMEOGO Wendsongda Jonas et YAMEOGO Oumarou ont été condamnés chacun à quinze mois d’emprisonnement, dont deux mois ferme, et à une amende de trois millions de FCFA, dont deux millions ferme. SOME Alban Balanoe et NIKIEMA Zindi Désiré ont, quant à eux, été condamnés chacun à trente-six mois de prison, dont dix-huit mois ferme, assortis d’une amende de cinq millions de FCFA, dont trois millions ferme. Les condamnés ont en outre été solidairement condamnés aux dépens.
Sur le plan civil, le tribunal a déclaré recevables les constitutions de partie civile du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) et de l’État burkinabè. Il a jugé celle du REN-LAC entièrement fondée et celle de l’État partiellement fondée. Les condamnés devront payer solidairement un franc symbolique au REN-LAC et un franc symbolique à l’État au titre du préjudice moral, ainsi qu’un million de FCFA pour les frais exposés et non compris dans les dépens.
Le tribunal a par ailleurs ordonné le dégel des comptes bancaires des prévenus et la restitution des biens saisis sous scellés. Il a également fixé la contrainte judiciaire à neuf mois afin de garantir l’exécution des sanctions financières.
Solomane NIKIEMA/ Tiiga info




