À l’occasion du lancement de la première phase de la troisième édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC), le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a livré un message centré sur la souveraineté alimentaire et le patriotisme économique.
Dans son adresse, le chef de l’État a invité les Burkinabè à porter un regard critique sur leurs habitudes de consommation, en particulier sur le contenu de leurs assiettes. Il a déploré la forte présence de produits importés dans l’alimentation quotidienne, citant notamment le riz, les pommes de terre ou encore le lait en poudre, ainsi que certains ustensiles de cuisine.
Pour le Président du Faso, cette dépendance alimentaire traduit une forme d’« impérialisme » qui s’insinue dans le quotidien des populations. Se référant à la pensée de Thomas Sankara, il a rappelé que la consommation de produits importés peut constituer un frein à l’indépendance économique du pays.
Le chef de l’État a également mis en lumière les difficultés d’écoulement des productions locales, notamment dans des zones comme Bagré, le Sourou ou Samendeni, où certaines récoltes peinent à trouver des débouchés. Une situation qu’il attribue en partie à des habitudes de consommation façonnées par des décennies de valorisation des produits étrangers au détriment des productions nationales.
Face à ce constat, le capitaine Ibrahim Traoré a appelé à un « sursaut patriotique » impliquant à la fois les consommateurs et les commerçants. Il a exhorté ces derniers à privilégier les produits locaux dans leurs étals, afin de soutenir l’économie nationale et de lutter contre la vie chère.
Placée sous le thème « Souveraineté alimentaire et patriotisme économique : ensemble, cultivons notre dignité par la production et la consommation locales », cette édition des JEPPC se veut un cadre de mobilisation collective. Le slogan retenu, « Mon assiette, ma fierté ! », traduit la volonté des autorités de faire de l’alimentation un vecteur d’engagement citoyen.
Le Président du Faso a ainsi encouragé les populations à adopter le réflexe du « consommer local » dans les administrations, les écoles et les foyers. Selon lui, chaque acte d’achat constitue un levier de transformation économique et sociale.
Insistant sur la nécessité de rompre avec la dépendance alimentaire, il a réaffirmé l’ambition des autorités de bâtir une économie fondée sur la production, la transformation et la consommation locales. Une démarche qu’il considère comme essentielle pour garantir la souveraineté et la dignité du Burkina Faso.
Solomane NIKIEMA/ Tiiga info




