Dans les ruelles animées de Bobo-Dioulasso, entre étals colorés et parfums d’encens, de petites perles multicolores attirent l’œil des passantes. Les bayas, ces bijoux traditionnels portés autour de la hanche, connaissent aujourd’hui un véritable regain d’intérêt, surtout chez les jeunes filles et les femmes. Derrière leur beauté, discrète se cache un commerce dynamique qui fait vivre de nombreuses commerçantes.

Amnatou fait partie de celles qui ont fait du commerce des bayas leurs gagne-pains quotidiens.
A l’entendre, cette activité lui permet de subvenir à ses besoins et ceux de sa petite fille de 4 ans
“Cela fait 6 ans que je suis dans le commerce de bayas. Quand je suis tombée enceinte, le père de mon enfant m’a abandonnée. Je me suis vite mise à vendre ces perles. Grâce à ce commerce, j’arrive à subvenir à mes besoins et à prendre soin de ma petite princesse”, explique Amnatou.
Un bijou ancien remis au goût du jour
Autrefois symbole de féminité, de maturité et parfois de statut social, les bayas faisaient partie intégrante de certaines traditions. Aujourd’hui, elles reviennent en force, portés aussi bien pour l’esthétique que pour la confiance en soi et le charme discret qu’elles procurent.
À Bobo, de nombreuses jeunes femmes avouent en porter au quotidien, sous leurs pagnes ou leurs jeans, perpétuant ainsi un héritage culturel revisité par la modernité.
“Le jour que je ne porte pas de bayas, je sens un manque”, indique Fatim.
Pour Awa, il est inconcevable qu’une fille de nos jour ne porte pas de bayas.
Un petit commerce aux grands revenus
À Bobo-Dioulasso, les bayas ne sont plus de simples bijoux traditionnels. Elles incarnent aujourd’hui un phénomène culturel et économique porté par des femmes entrepreneures dynamiques. Entre tradition, modernité et créativité, ce commerce discret mais florissant continue de séduire les hanches… et de nourrir de nombreuses familles.
Carine Daramkoum
Tiiga Info




