Le gouvernement affirme que la réforme du régime des bourses d’études vise à moderniser le dispositif national de gestion des bourses, à assurer une meilleure gouvernance des différentes sources de financement, à mieux prendre en compte les filières prioritaires de développement et à renforcer l’encadrement de la mobilité académique internationale. Ces précisions ont été apportées ce mercredi 1er juillet 2026 lors d’une conférence de presse animée par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI).
« Il n’est nullement question d’empêcher les étudiants de poursuivre leurs études à l’étranger, encore moins de limiter leur accès au savoir ou à l’ouverture sur le monde », a assuré le secrétaire général du MESRI, Pr Samuel Paré.
Parmi les principales innovations du décret figure le passage de cinq à 13 catégories de bourses. La réforme introduit notamment la bourse patriotique, qui permet à toute personne physique ou morale, nationale ou étrangère, de financer directement des formations ou des activités de recherche dans une logique d’engagement citoyen.
Le texte crée également la bourse d’inscription, destinée à prendre en charge totalement ou partiellement les frais d’inscription académique des apprenants orientés par l’État, ainsi que la bourse spécifique d’indigence, qui remplace l’ancienne aide sociale.
Cette dernière est destinée aux étudiants en situation de grande précarité, selon des critères définis par les textes en vigueur.
Le gouvernement annonce par ailleurs une redéfinition des critères d’attribution des bourses, avec une priorité accordée aux filières stratégiques et aux besoins de développement du Burkina Faso.
S’agissant de l’autorisation préalable pour entreprendre des études supérieures à l’étranger, Pr Samuel Paré a expliqué que cette mesure permettra de constituer une base de données nationale des étudiants burkinabè vivant hors du pays, d’assurer un meilleur suivi de leurs parcours et de recenser les compétences de la diaspora afin de les mobiliser au service du développement national.
« L’autorisation est gratuite. La procédure se fera en ligne et le délai maximal de réponse est de trois jours », a-t-il précisé.
Selon le MESRI, cette réforme répond également à un impératif de protection des étudiants.
Le ministère affirme que plusieurs d’entre eux ont été victimes de réseaux les orientant vers des établissements non reconnus ou des formations sans réelle valeur académique. D’autres se seraient retrouvés isolés à l’étranger, sans accompagnement, avec parfois de lourdes conséquences sur leur avenir.
L’autorisation préalable vise ainsi à vérifier la reconnaissance officielle des établissements d’accueil, à renforcer le suivi consulaire assuré par les représentations diplomatiques du Burkina Faso et à améliorer la cartographie des étudiants burkinabè à l’étranger.
Les étudiants qui ne respecteront pas cette obligation s’exposeront à des sanctions. « Leur diplôme ou grade ne sera pas reconnu par les autorités burkinabè ».
Le secrétaire général du MESRI a toutefois indiqué qu’un délai de trois ans est accordé aux étudiants déjà installés à l’étranger pour régulariser leur situation en sollicitant cette autorisation.
Solomane NIKIEMA et Hassim BARRY/ Tiiga info




