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Entrepreneuriat à Bobo Dioulasso : Ouedraogo Salamata l’infatigable vendeuse de poisson qui nourrit sa famille et ses espoirs

Au bord du goudron, dans le quartier de Belleville à Bobo-Dioulasso, les étals de poisson frais s’alignent dès les premières heures de la journée. Parmi les nombreuses vendeuses qui animent ce petit marché à ciel ouvert, une femme se distingue par son dynamisme et son sens du leadership Ouedraogo Salamata, présidente des vendeuses de poisson du quartier.

Derrière son étal, elle incarne la détermination et le courage de nombreuses femmes commerçantes. Pour elle, la vie est un combat quotidien, rythmé par le travail, la famille et la responsabilité.

« Les travaux des femmes ne finissent jamais », affirme-t-elle avec conviction.

Sa journée commence bien avant le lever du soleil. Entre 3 h 30 et 4 heures du matin, elle est déjà debout. Pendant que la ville dort encore, Salamata s’active dans la cour familiale. Elle prépare la bouillie pour les enfants qui partent à l’école, fait la cuisine pour la famille et anticipe même le repas de midi.

« C’est obligé de travailler à la maison avant de venir vendre le poisson », explique-t-elle.

Une fois les tâches domestiques terminées, elle se prépare pour une autre étape de sa journée l’approvisionnement. Vers 7 heures, elle enfourche sa motocyclette et prend la route en direction du Barrage de Samandéni, où elle achète le poisson frais qu’elle ramènera ensuite à Belleville.

De retour au quartier, elle distribue une partie de la marchandise en gros à d’autres commerçantes. Le reste, elle le vend elle-même en détail, installée au bord du goudron, sous le soleil et dans l’animation permanente de la rue.

La journée est longue. Très longue. Souvent, elle ne plie bagage qu’aux environs de 20 heures, avant de rentrer chez elle.

Et le lendemain, tout recommence.

« Chaque jour, je vends du poisson. Je n’ai pas de jour de repos. Si je ne vends pas tous les jours, qu’est-ce que je vais faire ? »

Pour Salamata, le travail est une nécessité, mais aussi une valeur. Une femme, dit-elle, doit contribuer à la stabilité de son foyer.

« Si une femme ne travaille pas, ce n’est pas bon. Il faut travailler pour pouvoir soutenir son mari », dit-elle.

Grâce à la vente du poisson frais, elle a réussi l’un de ses plus grands objectifs : scolariser tous ses enfants. Après les cours, ceux-ci viennent parfois lui donner un coup de main sur son étal.

« J’ai scolarisé tous mes enfants grâce à la vente du poisson. Si tu fais du commerce, tu peux aider ton enfant et soutenir ton mari», explique Salamata Ouedraogo.

Si elle parle avec fierté du parcours de ses enfants, Salamata porte aussi un regard lucide sur les évolutions de la société.

Selon elle, les jeunes générations ne perçoivent plus toujours la valeur du travail comme autrefois.

À l’entendre les jeunes filles d’aujourd’hui ne sont plus comme avant mais quand elles seront dans leur foyer, elles vont comprendre.

Elle-même n’a pas eu la chance de suivre une scolarité classique. Elle a fréquenté une école franco-arabe, mais n’a pas poursuivi les études. Une réalité qui renforce aujourd’hui sa détermination à voir ses enfants réussir.

« Moi personnellement, je n’ai pas fait l’école. Mais tous mes enfants sont scolarisés et j’espère qu’ils vont réussir», souligne-t-elle.

Son message aux parents et aux jeunes est simple l’éducation reste une chance qu’il faut saisir.

Au bord du goudron de Bobo-Dioulasso, derrière son étal de poisson frais, Ouedraogo Salamata n’est pas seulement une commerçante. Elle est le symbole d’une génération de femmes courageuses, qui, à force de travail et de persévérance, bâtissent chaque jour l’avenir de leurs familles.
Une femme ordinaire, mais au parcours profondément inspirant.

Carine Daramkoum
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