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Interdiction des sachets plastiques au Burkina : une mesure mitigée

La mesure interdisant les sachets plastiques est entrée en vigueur le 9 septembre 2025. Conçue pour protéger l’environnement et réduire la pollution, elle suscite néanmoins des réactions. Entre commerçants qui peinent à s’adapter et clients contraints de changer leurs habitudes, la réforme semble encore loin de faire l’unanimité dans ce marché situé à Tanghin dans l’arrondissement 04 de Ouagadougou.

Mercredi matin, le marché communément appelé arbe yaar (Marché du mercredi) grouille déjà de monde. Le soleil a le nez dehors. Les allées sont bruyantes et animées. Des vendeurs installés à même le sol interpellent les passants à la criée, tandis que d’autres utilisent des microphones pour attirer la clientèle. Les senteurs des condiments, de parfums et de pommades se mêlent aux conversations, dans un décor bigarré où se croisent femmes, hommes, enfants et vieillards à la recherche de leurs courses du jour.

À l’une des entrées, Abdoul Aziz SANGO, une vingtaine d’années, propose des pagnes depuis une brouette. En notre présence, une cliente achète un morceau de pagne, il lui demande :
« Je vois que vous avez un sac, je peux y ranger directement », dit-il avec le sourire. Mais ce jeune commerçant n’est pas totalement serein.
« Beaucoup de clients réclament encore des sachets, alors que le prix du paquet a triplé. Cela affecte notre rendement », déplore-t-il.

Un peu plus loin, Issouf (nom d’emprunt) s’affaire à déballer des habits sous son parasol. Pour lui, l’absence de sachets plastiques a un impact direct sur son chiffre d’affaires.
« Aujourd’hui, je dépense 3 000 F CFA par jour pour acheter des sachets. Si je retire ça de ma recette, il ne me reste que le prix du carburant », confie-t-il, amer.
À ses côtés, un autre vendeur, excédé, intervient : « Est-ce que vous savez combien de personnes vivaient de cette activité ? », lance-t-il, la voix pleine de tristesse.

Côté consommateurs, les réactions sont également contrastées. Élise Diano, mère de famille venue acheter des condiments, a trouvé une alternative.
« Pour éviter des malentendus, je viens avec mon panier », confie-t-elle. Pour elle, cette nouvelle habitude s’impose sans difficulté. Mais elle souligne : « Beaucoup n’ont pas encore compris. Les clients exigent souvent des sachets aux commerçants. Il faut encore plus de sensibilisation. »

D’autres consommateurs, moins prévoyants, avouent être déroutés. Habitués à rentrer du marché les mains chargées de sachets plastiques, ils peinent à s’adapter aux nouveaux supports de transport.

Adoptée par l’Assemblée législative de transition et promulguée le 31 décembre 2024, la loi n°045-2024/ALT interdit la production, l’importation, la distribution et l’utilisation de sachets plastiques non biodégradables au Burkina Faso. Elle prévoit des sanctions trois mois à cinq ans d’emprisonnement et des amendes allant de 100 000 à 10 000 000 F CFA pour les contrevenants.
Le texte vise à réduire la pollution plastique, omniprésente dans les caniveaux, les champs et les cours d’eau, et à protéger l’environnement ainsi que la santé publique.

S.N/ Tiiga info

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